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Allocution du Président de l’Unaf à la rencontre nationale de Niort -« Nos défis sont nombreux : nous avons besoin d’unité pour les relever ensemble »

Les samedi 28 et dimanche 29 mars 2026, l'Unaf a réuni, à Niort, les présidentes et présidents des Udaf et Uraf et les directrices et directeurs des Udaf pour leur rencontre nationale. Retrouvez en ligne, l'allocution du Président de l'Unaf, Bernard Tranchand.

Les samedi 28 et dimanche 29 mars 2026, l’Unaf a réuni, à Niort, les présidentes et présidents des Udaf et Uraf et les directrices et directeurs des Udaf pour leur rencontre nationale. Retrouvez en ligne, l’allocution du Président de l’Unaf, Bernard Tranchand.

« Mes chers amis,

C’est un plaisir de vous retrouver après notre dernière rencontre nationale tenue à Paris en novembre.

Depuis cette date, l’actualité de la politique familiale a été marquée par deux faits majeurs :

Sur ces 2 sujets, nous avons confirmé notre rôle de lanceur d’alerte, mais aussi d’expert des réalités de vie des familles, capables d’avancer des propositions concrètes.

S’agissant de la démographie, les naissances et la fécondité ont encore baissé en 2025 : notre pays est tombé à 1,56 enfant par femme. Dans le même temps, nous avons réussi à imposer dans le débat politique et médiatique que le désir d’enfants reste fort chez les Français. Vous en connaissez le chiffre : 2,27 enfants. Il est désormais bien connu et reconnu.

Alors qu’est-ce qui freine les couples pour réaliser leurs souhaits ? Comment resserrer l’écart entre un désir d’enfant qui reste stable, et une fécondité qui diminue ?

Nous sommes allés chercher les réponses auprès des familles elles-mêmes, à partir des résultats de notre observatoire des familles. Pour leur donner plus d’écho, nous avons tenu une conférence de presse début janvier, juste avant la publication des chiffres de l’INSEE. Tous les medias nationaux et régionaux ont relayé nos chiffres et notre plaidoyer.

Nous avons relayé la parole des familles. Elle est rarement évoquée. Les spécialistes, les administrations, parlent bien souvent à leur place. Par ce biais, nous avons démontré la présence de freins matériels qui s’opposent aux projets de naissance.

La bonne nouvelle, c’est qu’on peut agir sur ces freins. Il ne faut pas céder au fatalisme !

Nous portons des solutions concrètes pour aider les familles au niveau :

Cette idée que le désir d’enfants reste fort, et qu’on peut agir : nous l’avons retrouvée avec satisfaction dans le rapport de la mission de l’Assemblée nationale sur la baisse de la natalité qui a été publié en février dernier.  

Le contenu de certaines propositions peut être discuté, mais il a le mérite de souligner :

Mais le combat des idées ne suffit pas.

Au parlement, nous avons obtenu la création d’un congé de naissance supplémentaire. Et encore mieux : nous avons obtenu qu’il s’applique dès maintenant, et non pas en juillet 2027 comme le gouvernement l’avait prévu.

Disposer d’un congé mieux indemnisé était une attente très forte des parents. Nous pouvons être fiers d’avoir obtenu ce premier résultat tangible. Je crois très sincèrement que les   familles peuvent nous dire « merci ! ».

A l’heure actuelle, le ministère travaille sur le contenu des décrets qui préciseront les contours de ce nouveau droit. Pour qu’il soit pleinement effectif, nous lui avons adressé une série de questions et de propositions. Nous suivrons de près sa montée en charge et les améliorations à apporter.

Nous voulons que ce congé soit une réussite d’autant que l’accueil du jeune enfant reste une préoccupation majeure pour les familles, et que ce secteur est en crise.

Dans le même temps, les moyens financiers prévus dans la COG de la CNAF sont largement sous-consommés, avec des reliquats annuels de plusieurs centaines de millions d’euros. Cela tient, entre-autres, à l’épuisement du système de financement de la petite enfance et à la faiblesse de l’accompagnement des structures dans les territoires.

Dans ce champ, les Udaf ont un rôle à jouer :

Comme nous l’avons communiqué avant les municipales, les communes et les intercommunalités sont des acteurs de premier plan à mobiliser, autour de la mise en œuvre du service public de la petite enfance.

A l’heure où les nouvelles équipes se mettent en place, nous vous invitons à les rencontrer pour qu’elles agissent dans la petite enfance, la jeunesse et l’accueil des parents.

 C’est le moment de valoriser vos initiatives et d’innover autour, par exemple :

Vous êtes des partenaires précieux pour les collectivités qui sont à la recherche de services de proximité.

Pour les familles, l’autre sujet persistant de préoccupation est celui de leur pouvoir d’achat.

Après le covid, la guerre en Ukraine, la poussée de l’inflation, l’instabilité géopolitique actuelle a des conséquences directes sur leurs charges.

Hors de ces évènements, la question du niveau de vie des familles reste toujours centrale. Elle sera au cœur du plaidoyer que nous allons construire en vue des présidentielles de 2027.

Nous pourrons nous appuyer sur les résultats de notre enquête de l’Observatoire des familles qui porte cette année, sur ce thème. Les réponses vont nous aider à l’automne à mieux identifier les difficultés rencontrées, ce que les parents nous disent sacrifier pour leurs enfants, et les préconisations qui en découlent.

Nous aborderons forcément la question des prestations familiales. A chaque fois, qu’on les rabote, qu’on les supprime, c’est autant de moins pour la vie quotidienne des parents et de leurs enfants.

A ce sujet, vous avez vu notre communiqué de presse publié cette semaine : il concerne le report de la majoration des allocations familiales de 14 ans à 18 ans, entériné par un décret applicable depuis le 1er mars. Vous savez combien nous nous sommes battus contre cette mesure brutale et profondément injuste. Nous avions même obtenu du Sénat le retour à 14 ans, mais les députés par leur vote sont revenus dessus. Les familles nombreuses et les plus modestes vont subir les plus fortes baisses de prestations. Cette décision se heurte à toute vision de bon sens par rapport au coût de l’enfant. Elle est en plus fortement incohérente par rapport à l’enjeu démographique que notre pays doit relever.

Deux chiffres démontrent son caractère disproportionné : sur un coût total de la prestation actuellement de 1,6 milliard, plus de 1,3 milliard d’euros seront retirés aux dépens des familles.

En évinçant la plupart de ses bénéficiaires actuels, nous considérons que ce décret vide la portée de cette majoration qui a pourtant été créée par la Loi. Sur cette base, et après analyse notre conseil d’administration a décidé d’engager un recours devant le Conseil d’Etat pour annuler le décret. Nous avons attendu le dépôt de notre mémoire pour communiquer, ce qui vient d’être fait et déjà la presse, les médias relaient fortement cette démarche

Pour les ménages les plus modestes, le gouvernement a dévoilé son projet de loi sur une « allocation sociale unifiée », l’ASU. Il s’agit d’un projet de rapprochement de trois prestations : le RSA, la prime d’activité et les allocations logement. Le projet de loi acte uniquement des principes. Les paramètres de la réforme sont renvoyés à de futurs décrets.

Nous craignons qu’elle entraîne de fortes baisses pour les bénéficiaires :

Comment les prestations familiales seront-elles prises en compte et notamment les APL qui sont aujourd’hui exclues de la base ressources ?

 – Quelles prises en compte des différentes configurations familiales ?

– Quelles compensations prévoir en cas de baisses ?

Autant de questions que nous avons soulevées auprès du ministre du travail et des solidarités qui a engagé cette réforme dont l’étude va prendre du temps. Nous allons continuer à y travailler en lien avec le collectif Alerte qui regroupe des associations de lutte contre l’exclusion.

Pour défendre le pouvoir d’achat des familles, nous agissons également dans le champ de la consommation.

Nous avons rappelé au gouvernement la nécessité d’une tarification juste et responsable des services bancaires, une tarification proportionnée par rapport au service rendu – ce qui n’est pas le cas aujourd’hui. Encore récemment, plusieurs caisses régionales de la Caisse d’Epargne ont été condamnées lourdement pour des dépassements de plafonnements des commissions d’intervention.

Cette année, nous publierons de nouvelles enquêtes sur les contrats obsèques, ainsi que sur les abus commis par le secteur des assurances notamment pour les assurances de personnes. Grâce aux données des PCB des Udaf, nous pouvons faire remonter les abus dans certains secteurs aux dépens des familles.

Dans un contexte de crise énergétique, nous travaillons aussi sur le poids croissant des factures d’énergie dans le budget logement des familles mais également sur celui des mobilités.

Si les parents sont préoccupés par les aspects matériels, ils le sont tout autant sur leur rôle éducatif.

Le ministère a engagé une concertation en vue d’élaborer une nouvelle stratégie de soutien à la parentalité. L’Unaf participera aux 4 groupes de travail qui porteront sur :

Ces travaux devraient déboucher d’ici l’été sur une stratégie parentalité. Elle pourra utilement inspirer les actions de notre future Convention d’objectifs passée avec l’Etat.

Sur la protection de l’enfance, la ministre, Stéphanie RIST, vient d’annoncer la présentation d’un projet de loi en mai prochain. Il devrait porter non seulement sur les jeunes confiés à l’aide sociale à l’enfance, mais aussi sur la protection de « tous les enfants accompagnés d’adultes », notamment dans des activités périscolaires.

C’est une nouvelle opportunité pour nous de valoriser le recours à la MJAGBF à l’appui des résultats de notre étude d’impact sur les bénéfices de cette mesure qui doit être davantage connue. Nous pourrons être amenés à proposer, le cas échéant, des amendements, pour en améliorer le recours.

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Je ne veux pas terminer sans saluer l’intervention essentielle de nos bénévoles représentants familiaux.

Cette année 2026 est marquée par des renouvellements très importants : dans les organismes de santé, les CCAS et les Caisses de Sécurité sociale. Pour les CAF, les CPAM et les CARSAT, ils concernent plus de 1000 représentants familiaux.

Je sais qu’il n’est pas toujours facile de trouver des représentants qui veulent s’engager dans la durée. Les démarches administratives se sont alourdies en particulier pour la Sécurité sociale. Alors merci à tous pour cette mission de recrutement et de suivi.

À l’issue des élections municipales, les conseils d’administration des Offices publics de l’habitat rattachés à une commune ou à une intercommunalité vont être renouvelés.  Si les Udaf peuvent y siéger, leur place n’y est pas automatique. Vous êtes donc invités à vous rapprocher des nouvelles gouvernances locales, afin de proposer la candidature de l’Udaf pour siéger au sein de ces instances. Elles sont cruciales vu l’importance des questions de logement pour les familles.

Pour la représentation en CCAS, la campagne nationale menée pour la première fois sur les réseaux sociaux a été un grand succès : elle témoigne de l’attractivité de nos missions de représentation. Cela nous encourage à aller plus loin.

Ainsi en 2026, nous allons réaliser une campagne de communication sur les réseaux sociaux élargie à l’ensemble des missions de bénévolat du réseau. Il s’agit de favoriser l’engagement bénévole qui prend des formes diverses au sein de notre réseau : bénévolat de gouvernance, de représentation, mais aussi d’action auprès des publics avec nos associations membres. Au-delà du recrutement de ces nouveaux bénévoles nous aurons à être sensible à la façon d’accueillir ces nouvelles « bonne volonté » pour les former et faciliter leur intégration dans notre réseau. 

Obtenir de nouvelles représentations n’a rien d’évident dans un environnement concurrentiel. Cela tient souvent à la qualité de nos arguments, de nos travaux.

C’est pourquoi je veux saluer le retour au sein du comité économique et social européen d’un siège réservé à la représentation des familles au travers de l’Unaf. Nous l’avons obtenu de Matignon.

Cette année, alors que les cartes ont été rebattues, nous avons obtenu du gouvernement 1 siège supplémentaire de représentant des familles au sein du CESE français pour la prochaine mandature. Les Udaf procéderont à l’élection de 6 représentants familiaux lors d’une AG exceptionnelle qui se tiendra en visio mardi prochain, le 31 mars, auquels s’ajoutera le représentant désigné par l’APGL.

Mes chers amis,

Nos défis sont nombreux tant pour les familles que pour notre réseau.

Plus que jamais nous avons besoin d’unité pour les relever ensemble.

Cette unité, Unaf/Uraf/Udaf /Mouvements et associations familiales, est la condition indispensable pour constituer ensemble une force crédible qui compte dans le pays.

Je compte sur vous tous, pour faire vivre cette unité. Concrètement, soyons des constructeurs de passerelles, des facilitateurs de liens avec pour seul objectif le bien être des familles de notre pays.

Je vous remercie. »