CESE : Séance plénière des 27 et 28 janvier 2026
L'assemblée plénière du Conseil économique, social et environnemental s'est tenue les 27 et 28 janvier 2026. A l'ordre du jour étaient inscrites les questions suivantes : La santé dans les Outre-mer - Lutter contre les pollutions diffuses pour préserver la biodiversité - Minute d’expression libre au titre de l’Unaf : « SNCF « Espaces sans enfants » : où en est-on du vivre ensemble ? ».
La santé dans les Outre-mer
Déclaration écrite du Groupe Familles (annexée au Journal Officiel)
Dix-sept ans après son avis intitulé « L’offre de santé dans les collectivités ultramarines », le CESE remet l’ouvrage sur le métier. La France peine à résorber l’écart entre les indicateurs de l’état de santé de la population des outre-mer et ceux observés dans l’Hexagone.
Ainsi en avril 2025, l’Insee souligne que la mortalité infantile outre-mer y est deux fois plus élevée que dans l’Hexagone. Elle atteint 8 pour mille avec de fortes disparités selon les territoires ultramarins. Autre exemple alarmant, autour de la santé mentale, grande cause nationale 2025, les jeunes entre 15 et 29 ans souffrent d’un ou plusieurs symptômes de dépression, 39 % en Guadeloupe, 44 % en Martinique et 52 % en Guyane contre 25 % dans l’Hexagone.
Deux préconisations doivent permettre aux Outre-mer de combler les écarts et ouvrir à chacun un accès effectif aux soins sur l’ensemble du territoire.
Le principe de solidarité territoriale sanitaire par la mise en place de référents télémédecine, pour des relations nouvelles entre territoires de santé hexagonaux et ultramarins doit s’imposer rapidement. C’est une voie performante pour rapprocher les territoires les plus isolés et pallier une démographie médicale déficitaire.
La préconisation visant à définir conventionnellement des objectifs territorialisés de santé publique nous semble une bonne approche pour plus de prévention. Développer la prévention et l’éducation à la santé est une absolue nécessité dans les Outre-mer. Les familles et les associations d’usagers de la santé doivent être pleinement associées pour atteindre ces objectifs et permettre à chacun de préserver son capital santé.
Le groupe Familles a salué le travail réalisé tout en rappelant qu’il était attendu par le CCNE dans le cadre des Etats Généraux sur la bioéthique.
Le Groupe Familles a adopté l’avis.
Lutter contre les pollutions diffuses pour préserver la biodiversité
Déclaration écrite du Groupe Familles (annexée au Journal Officiel)
Cet avis, focalisé sur les pollutions diffuses anthropiques, insiste sur le renforcement de l’approche nécessairement transversale de la Recherche publique, compte tenu de leurs causalités multiples et transdisciplinaires, ainsi que des moyens nécessaires à y consacrer pour amplifier les progrès récents réalisés sur cet enjeu majeur de santé publique pour l’homme, pour l’animal et bien sûr pour la planète. Dans ce contexte de science participative, notre groupe partage notamment la préconisation 2 visant à mieux reconnaître le rôle des associations dans le processus de connaissances des impacts de ces pollutions diffuses sur la biodiversité, ainsi qu’en tant que lanceuses d’alerte. S’agissant de l’amélioration du cadre d’évaluation des risques sur la biodiversité, l’avis pointe à juste titre dans les préconisations 4 et 5 la nécessité de travailler au niveau européen.
Enfin, notre groupe est particulièrement sensible à la préconisation 10 appelant à davantage de sensibilisation des individus à la notion de protection du vivant et aux pratiques écoresponsables, dès l’Ecole et tout au long de la vie. Cet investissement dans la prévention fait écho à deux des Guides Parents publiés par l’Unaf, qui sont totalement au cœur de la problématique du présent avis : le guide « Agir en famille pour la biodiversité : 9 conseils pour avoir un impact positif » réalisé en partenariat avec Humanité & biodiversité, ainsi que le guide intitulé « Polluants comment protéger sa famille ? »
Le Groupe Familles a adopté l’avis.
Minute d’expression libre au titre de l’Unaf :
« SNCF « Espaces sans enfants » : où en est-on du vivre ensemble ? »
Marie-Josée Balducchi, au titre de l’Unaf, a fait l’intervention suivante :
« Monsieur le Président, chers collègues,
Le 8 janvier, la SNCF annonce une classe Optimum plus, nouvelle offre premium proposée par l’entreprise sur ses lignes TGV Paris-Lyon pour les voyageurs d’affaires à la recherche de sérénité, loin du bruit, des enfants turbulents, qui finissent en pleurs. L’affaire s’emballe dans les médias et sur les réseaux sociaux. Où en sommes-nous de notre vivre ensemble à la française, de notre capacité collective à faire société en prenant en compte tous les âges de la vie ? Erreur grossière de marketing ou discrimination ordinaire à l’égard des enfants ?
Il faut le rappeler ici, la France est engagée pour la protection et la reconnaissance des droits l’enfant depuis la Convention internationale du même nom adoptée en 1989.
Une société qui peine à laisser une place à ses enfants est peut-être finalement une société qui peine à se projeter dans l’avenir. L’économiste Maxime Sbaihi fait le lien avec la crise démographique actuelle et la baisse de la natalité – je le cite – « Preuve que la dénatalité est aussi culturelle, elle raréfie les enfants jusqu’à nous rendre intolérants à leur présence. » Une autre voie est possible et existe déjà grâce à nombreuses initiatives locales posant la focale « à hauteur d’enfant ».
Je vous remercie. »
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